Gérer et entretenir les bordures de parcelles

De Agro-PEPS.

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Date de dernière modification: 25/11/2011

Contributeurs initiaux :

Daphné Durant
INRA

daphne.durant(at)stlaurent.lusignan.inra.fr

Saint Laurent de la Prée (17)
Jean-Michel Hillaireau
INRA

jean-michel.hillaireau(at)stlaurent.lusignan.inra.fr

Saint Laurent de la Prée (17)

Régis Wartelle
Chambre Régionale d'Agriculture de Picardie

r.wartelle(at)picardie.chambagri.fr

Amiens (80)
Julien Halska
INRA
julien.halska(at)grignon.inra.fr
Epoisses (21)

Lutte contre les courriers indésirables : Pour utiliser ces adresses, remplacer (at) par @

Sommaire

Présentation de la technique

Caractérisation de la technique

Description de la technique :

Les bordures de parcelles peuvent présenter des formes variées : haies, talus, bandes enherbées, bande herbeuse étroite, bords de chemin, etc. Les cas des haies, talus et bandes enherbées font l'objet de fiches spécifiques. D'une manière générale, il est conseillé de ne pas intervenir trop souvent et en dehors des périodes de reproduction et de nidification, de préférer le fauchage au broyage et d'exporter les résidus. Il est également préférable de limiter la vitesse des engins et d'utiliser un système d'effarouchement. Lors des interventions dans la parcelle, éviter de trop rouler sur les bords de champs et éviter que ces zones ne recoivent de l'engrais ou des produits phytosanitaires.

Bande enherbee.JPG

bande enherbée entre une haie (entourant un fossé) et un champ labouré

Exemple de mise en oeuvre :

Observations générales :

Echelle temporelle de mise en oeuvre : rotation

Les bords des champs sont des éléments fixes du paysage dont la durée de vie excède celle des rotations.

Echelle spatiale de mise en oeuvreparcelle -exploitation -territoire

Possibilité d'extrapolation (adaptation locale) à

- Toutes les cultures : Facilement généralisable

- Tous les types de sols : Facilement généralisable

- Tous les contextes climatiques : Facilement généralisable

Réglementation

Texte réglementaire de référence : Certaines Mesures Agro-Environnementales, Plan végétal Environnement, Dates de fauche

Influence de la réglementation :  nuancée

Ces dispositifs aident aux investissements nécessaires et incitent à une gestion de ces éléments paysagers favorable à la biodiversité. Par contre, il semble que les dates de fauche ne sont pas toujours adaptées aux contextes locaux (à la flore et aux périodes de reproduction des animaux).

Objectifs, modes d'action, efficacité, techniques complémentaires et incompatibles

Efficacité : +++ : forte, même si technique utilisée seule - ++ : moyenne si technique utilisée seule, à combiner - +  Faible si technique utilisée seule, à combiner

Indice de confiance : Fort - Moyen - Faible

Expériences connues : Nombreuses - Quelques unes - Très peu

Objectif Mode d'action détaillé technique(s) complémentaire(s)
technique(s) incompatible(s)
Précisions
Accroitre la biodiversité végétale domestique

Cet objectif peut être atteint si des espèces végétales variées sont semées dans les bords de champs.

Implanter des bandes herbeuses et florales en bordure des parcelles

Implanter des haies

Maintenir ou créer des talus

 

Efficacité : +

Echelle temporelle d'efficacité : rotation

Echelle spatiale d'efficacité : parcelle / exploitation / territoire

Indice de confiance : fort

Expériences connues : nombreuses

Favoriser la biodiversité végétale sauvage

Dans le cas où un couvert spontané se développe. La biodiversité est d'autant plus favorisée qu'il n'y a pas d'apports d'engrais et que les résidus de fauche sont exportés, ce qui favorise les espèces des milieux pauvres en nutriments. De plus, les espèces des milieux pauvres sont généralement peu susceptibles de se comporter en adventices. Cependant, certaines espèces adventices sont suscpetibles de se développer dans les bordures et de coloniser la parcelle (folle avoine, vulpin).

Implanter des bandes herbeuses et florales en bordure des parcelles

Implanter des haies

Maintenir ou créer des talus

 

Efficacité :++

Echelle temporelle d'efficacité : rotation

Echelle spatiale d'efficacité : parcelle / exploitation / territoire

Indice de confiance : fort

Expériences connues : nombreuses

Favoriser auxiliaires

Favoriser avifaune

Favoriser pollinisateurs

Favoriser gibier

Selon la largeur de l'aménagement et les espèces qui s'y développent, de nombreuses espèces sont favorisées. Les espèces mellifères favorisent plusieurs types d'auxiliaires généralistes comme les syrphes ou les mouches parasitoïdes ainsi que les insectes pollinisateurs. Diverses espèces d'oiseaux et certains gibiers trouvent refuge et nourriture (graines, insectes, vers de terre, etc.) dans les bords de champs, qui peuvent aussi jouer le rôle de corridors écologiques.

Implanter des bandes herbeuses et florales en bordure des parcelles

Implanter des haies

Maintenir ou créer des talus

 

Efficacité : +

Echelle temporelle d'efficacité : rotation

Echelle spatiale d'efficacité : parcelle / exploitation / territoire

Indice de confiance : fort

Expériences connues : nombreuses

Limiter transfert phytosanitaires vers eau

Limiter transferts azote vers eau

Les bords de parcelles interceptent une partie des dérives, réduisent le ruissellement responsable du transfert de pesticides et d'azote vers les éléments hydrographiques. Ils permettent en partie leur dégradation grâce aux processus biologiques qui y ont lieu. L'humus et les matières organiques superficielles fixent les substances organiques et minérales jusqu'à saturation du sol sous le couvert. Cette mesure est efficace là où les écoulements latéraux sont dominants mais pas là où l'inflitration dans les nappes phréatiques est dominant.

Implanter des bandes herbeuses et florales en bordure des parcelles

Implanter des haies

Maintenir ou créer des talus


Efficacité :++

Echelle temporelle d'efficacité : rotation

Echelle spatiale d'efficacité : parcelle / exploitation / territoire

Indice de confiance : fort

Expériences connues : nombreuses

Limiter transfert phosphore vers eau

Au contact d'une zone tampon, le phosphore dissous est en partie fixé par le sol et absorbé par les végétaux. Le transport du phosphore particulaire est limité grâce au ralentissement du ruissellement et à l'augmentation de l'infiltration. Le phosphore fixé peut cependant être relargué. Le phosphore accumulé ne peut être éliminé que par exportation de la biomasse végétale.

Implanter des bandes herbeuses et florales en bordure des parcelles

Implanter des haies

Maintenir ou créer des talus


Efficacité : +

Echelle temporelle d'efficacité : rotation

Echelle spatiale d'efficacité : parcelle / exploitation / territoire

Indice de confiance : fort

Expériences connues : nombreuses

Limiter érosion

Maintenir taux matière organique

Les bords de champs orientées perpendiculairement à la pente limitent le ruissellement et retiennent les limons et les matières organiques (l'humus et les matières organiques superficielles fixent les substances organiques et minérales). Ils limitent donc les risques d'érosion et aident au maintient du taux de matière organique. Cependant, cette matière organique quitte bien la partie cultivée pour enrichir la bandes enherbée.

Implanter des bandes herbeuses et florales en bordure des parcelles

Implanter des haies

Maintenir ou créer des talus


Efficacité : +

Echelle temporelle d'efficacité : rotation

Echelle spatiale d'efficacité : parcelle / exploitation / territoire

Indice de confiance : fort

Expériences connues : nombreuses

Limiter herbicides

La fauche, le broyage ou l'écimage avant grenaison des adventices permet de réduire le risque de propagation des mauvaises herbes dans les parcelles. Il doit donc avoir lieu avant la montée à graine et donc être réalisé précocément (avant la période de reproduction des animaux). Attendre la fin de la période de reproductiond des animaux augmente le risque de salissement de la parcelle. L'absence d'apport azoté et l'exportation des résidus permet de sélectionner une flore spécialiste des milieux pauvres en nutriments peut concurrentielle des cultures.

Implanter des bandes herbeuses et florales en bordure des parcelles

Implanter des haies

Maintenir ou créer des talus


Efficacité : +

Echelle temporelle d'efficacité : rotation

Echelle spatiale d'efficacité : parcelle / exploitation / territoire

Indice de confiance : fort

Expériences connues : nombreuses

Effets de la technique sur la durabilité du système de culture

Critères "environnementaux"

Transfert polluant vers eaux (N, P, phyto ...) :  variable

Légère réduction du transfert de polluants vers les éléments hydrographiques possible. Ce type d'aménagement risque de ne pas être suffisant pour favoriser les auxiliaires à un niveau qui permette de réduire l'utilisation de pesticides.

Transfert polluant vers air (N, P, phyto ...) pas d'effet (neutre)

Consommation d'énergie fossile : variable

Variable selon le mode de gestion des bords de champs. La fauche est cependant peu énergivore et ne doit pas être pratiquée trop fréquemment (une fois par an à une fois tous les deux ans).

Dégagement de GES : Diminution

La végétation fixe du carbone (effet sur le CO2). Pas d'effet sur le N2O.

Biodiversité  : Variable

Augmentation de la biodiversité du fait des habitats et des ressources offerts et grâce à l'effet de corridor écologique. La biodiversité végétale est d'autant plus favorisée que le sol de bord de champ est pauvre en nutriments (pas d'apports d'engrais, exportation des résidus). La biodiversité végétale peut être limitée (flore spécifique) ou influencée par 1) le contexte pédoclimatique (% argile, acidité, hydromorphe, sèchante…) et 2) les actions d'entretien (passage d'engins, tassement du sol, mulch…).

Diversité des zones semi-naturelles dans les paysages  : Augmentation

Augmentation de la diversité des éléments composant les paysages via l'aménagement de zones semi-naturelles.

Critères "agronomiques"

Effet sur le rendement de la culture pas d'effet (neutre)

Effet sur la productivité du système de culture : pas d'effet (neutre)


Fertilité du sol pas d'effet (neutre)

Dans le cas de bordures de champs larges (plusieurs mètres), augmentation via la réduction de l'érosion, le développement de la microfaune du sol, ces deux éléments participant à l'amélioration de la structure du sol au niveau de la bordure et au mieux sur quelques centimètres autour.

Risque de stress hydrique : pas d'effet (neutre)

L'eau s'infiltre mieux dans un bord de champ enherbé et y est mieux retenue, mais n'est plus disponible pour la culture. L'infiltration de l'eau dans le sol est plus forte là où il n'y a pas de passages d'engins (meilleur porosité liée à la présence des racines). Les talus et haies freinent l'écoulement de l'eau en surface et favorisent la percolation en profondeur.

Biodiversité fonctionnelle : Variable

Augmentation de la biodiversité et en particulier de la biodiversité fonctionnelle (auxiliaires, pollinisateurs). Par contre le rôle est faible en ce qui concerne la microfaune et la microflore du sol, peu mobiles.

Développement des pathogènes et ravageurs: Variable

Les bords de champs peuvent aussi constituer des réserves de bio-agresseurs. On peut citer par exemple le chardon ou le chiendent rampant pour les adventices, les limaces pour les ravageurs ou encore l'ergot pour les pathogènes (ce dernier peut se développer sur certaines adventices). Un suivi minimum est donc nécessaire, par exemple pour le chardon ou l'ergot sur adventices. Cependant, un entretien par broyage/fauchage (1 à 2 fois / an) peut être suffisant pour que la bande enherbée joue le rôle d' "effet filtre" à la dispersion des adventices vers la culture, au moins à court terme. A plus long terme, cet effet filtre peut s'estomper.

Critères "économiques"

Charges opérationnelles :Augmentation

Coûts pour une bande herbacée de 2 mètres sur 100 mètres de long (fiche Ibis, cf. bibliographie) : 1,5 à 2,5 euros selon le matériel et la vitesse de travail.

Charges de mécanisation :Augmentation

Coûts pour une bande herbacée de 2 mètres sur 100 mètres de long (fiche Ibis, cf. bibliographie) : 0,8 euros pour une faucheuse, 1,4 euros pour une épareuse.

Marges globales sur la culture :pas d'effet (neutre)

Marges sur la rotation :pas d'effet (neutre)

Impact très limité sur l'économie d'une exploitation.

Consommation de carburant :Augmentation

Coûts pour une bande herbacée de 2 mètres sur 100 mètres de long (fiche Ibis, cf. bibliographie) : 0,1 euros pour une faucheuse, 0,2 euros pour une épareuse.

Critères "sociaux"

Charge de travail globale:Augmentation

Augmentation limitée, et estimée à 1 minute 30 à 3 minutes pour 100 mètres linéaires sur 2 mètres de large (réseau Ibis, cf. bibliographie).

Temps observations :variable

Pas d'effet, sauf observation supplémentaires dans la bordure (auxiliaires, adventices).

Temps "mécanisation":Augmentation

Augmentation limitée, et estimée à 1 minute 30 à 3 minutes pour 100 mètres linéaires sur 2 mètres de large (réseau Ibis, cf. bibliographie).

Qualité de l'image du milieu agricole: Augmentation

Amélioration de l'image du milieu agricole du fait des mesures environnementales prises et de l'évolution des paysages, moyennant l'information du public sur l'implication des agriculteurs dans la mise en place de ces dispositifs.

Quelques références utiles...

Titre
Année

Nom(s) auteur(s)

et organisme(s)

editeur ou nom revue
Précisions

Bordures de champ

2011
Ibis
Ibis

Brochure technique. Indications de coût de mise en place et d'entretien des bandes enherbées.

Auxiliaires : aménagement de zones réservoirs

2011

Association Française de Protection des Plantes, coordination : Jean-Louis Bernard

Association Française de Protection des Plantes. Groupe de travail du guide AFPP, document provisoire au 12 février 2011

Brochure technique

Auxiliaires : aménagement de l'abord des zones cultivées

2011

Association Française de Protection des Plantes, coordination : Jean-Louis Bernard

Association Française de Protection des Plantes. Groupe de travail du guide AFPP, document provisoire au 12 février 2011

Brochure technique

Auxiliaires en grandes cultures

1999

Hasler M. ; Keller L. ; Meyer A.

Service roman de vulgarisation agricole. Revue UFA 1/99,
8401 Winterthour, 1ère édition

Brochure technique

Les autres moyens pour limiter le risque en adventices

2011

Pierre Mischler (Agro-Transfert ressources et Territoires)

Agro-Transfert ressources et Territoires

Brochure technique

Bandes enherbées. Les adventices ne se dispersent pas dans le champ

2011

Isabelle Escoffier

La France agricole n°3378, 25 mars 2011

Article de presse

Organismes vivants favorisés ou défavorisés par la technique

Bioagresseurs favorisés

Organisme
Intensité influence
Précisions









Bioagresseurs défavorisés

Cette liste n'est pas exhaustive.

Organisme Intensité influence Précisions

Acariens, Cécidomyie des fleurs de blé, Cécidomyie du pois, Charançon de la tige, Charançon du bourgeon terminal, Cicadelle de la betterave, Cicadelle du blé, Cicadelle du maïs, Hannetons, Limaces, Méligèthes, Noctuelle de la tomate, Noctuelle terricole, Vers gris, Puceron de la pomme de terre, Puceron noir de la féverole, Puceron vert du pois, Puceron vert et rose de la pomme de terre, Pucerons d'automne, Pucerons des crucifères, Pucerons vecteurs jaunisse grave, Pucerons vecteurs jaunisse modérée, Pyrale, Scutigérelles, Taupins, Thrips du lin, Thrips du pois, Tordeuse du pois

Non renseignée

Ces bio-agresseurs sont les cibles des auxiliaires favorisés par la technique. Ils sont donc défavorisés indirectement.







Auxiliaires favorisés

Cette liste n'est pas exhaustive.

Organisme Intensité influence Précisions

Coccinelles, Araignées

Moyenne

Certaines espèces.

Carabes, Staphylins, Hyménoptères, Mouches parasitoïdes

Moyenne

Syrphes, Chrysopes

Moyenne

Si des plantes mellifères sont présentes dans la bande enherbée.

Punaises dont mirides

Moyenne

Les punaises prédatrices ont besoin d'une environnement proche de l'état naturel (surfaces de compensation écologique, riche flore accompagnatrice).

Oiseaux insectivores et/ou granivores

Moyenne

Les arbres, haies , bosquets et trous dans la végétation sont importants.

Champignons parasites

Moyenne

Zones non traitées aux fongicides.

Auxiliaires défavorisés

Organisme Intensité influence Précisions









Cultures concernées

Toutes les cultures assolées : Ail, Avoine diploïde, Avoine hiver, Avoine printemps, Betterave, Blé dur, Blé tendre hiver, Blé tendre printemps, Cameline, Carotte, Chanvre, Chou fourrager, Chou-fleur d'autome et d'hiver, Chou-fleur d'été, Colza hiver, Colza printemps, Engrain, Petit épeautre, Epeautre, Fenugrec, Féverole hiver, Féverole printemps, Gesse, Haricot, Haricot vert, Laitue, Lentille, Lin fibre hiver, Lin fibre printemps, Lin graine hiver, Lin graine printemps, Lupin blanc doux hiver, Lupin blanc printemps, Lupin bleu printemps, Luzerne, Maïs doux, Maïs ensilage, Maïs grain, Mélilot blanc ou jaune, Melon, Millet, Miscanthus, Moha, Moutarde hiver, Moutarde printemps, Navet d'automne, Navet d'été, Navette, Niger, Oignon, Orge hiver, Orge printemps, Pavot (oeillette), Petit pois, Phacélie, Poireau, Pois chiche, Pois hiver, Pois printemps, Pomme de terre, Prairie, Radis, Ray-grass anglais, Ray-grass d'Italie, Riz, Sainfoin, Sarrasin, Seigle hiver, Soja, Sorgho ensilage, Sorgho grain, Tabac, Tomate industrielle, Tournesol, Trèfle blanc, Trèfle d'Alexandrie, Trèfle de Michelli, Trèfle de Perse, Trèfle incarnat, Trèfle violet, Triticale hiver, Triticale printemps, Vesce commune

Mots-clés

Méthode de contrôle des bioagresseurs : Aménagements paysagers

Mode d'action  : Action sur le stock initial

Type de stratégie vis-à-vis de l'utilisation de pesticides  : Reconception

Levier mobilisé :Organisation paysagère




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